Robert D'ARBRISSEL, fondateur
de l'ordre de Fontevraud
(Extrait du « Recueil historique des archevêchés, évêchés,
abbayes et prieurés de France », par Dom Beaunier
et les Bénédictins de Ligugé, paru en 1906)
L'ordre religieux de Fontevrault eut pour berceau le monastère de Fontevrault (dans le Maine-et-Loire), dans l'ancien diocèse de Poitiers, fondé par le bénédictin Robert d'Arbrissel. Cet illustre personnage, après avoir suivi l'enseignement des maîtres qui professaient à Paris, remplit les fonctions d'archidiacre du diocèse de Rennes, son pays d'origine.

Son zèle pour la réforme du clergé souleva contre lui des haines implacables, qui le contraignirent à se retirer. Il séjourna quelque temps auprès des écoles d'Angers ; puis il s'enfonça dans la forêt de Craon. Des compagnons le suivirent, ce qui lui permit de fonder l'abbaye de la Roë. Ils y menèrent la vie des chanoines réguliers. Urbain II, lors de son séjour à Angers (1096), le fit prêcher en sa présence et lui donna plein pouvoir d'annoncer en tous lieux la parole divine. Deux de ses compagnons de solitude, Bernard de Ponthieu et Vital de Mortain, le suivirent dans ses courses apostoliques avant d'aller fonder, l'un le monastère de Tiron au diocèse de Chartres, l'autre, celui de Savigny au diocèse d'Avranches, destinés à devenir des chefs de congrégation.
 

Robert parcourut d'abord l'Anjou, la Touraine et le Poitou. Sa prédication soulevait l'enthousiasme des foules ; parmi ceux qui l'avaient entendu, beaucoup abandonnaient leurs familles et s'attachaient à ses pas. Ce cortège se composait d'hommes et de femmes ; on y voyait un grand nombre de pénitents et de pénitentes. Cette foule menait une sorte de vie religieuse, dont les conditions étaient prescrites au jour le jour par Robert. Cette communauté nomade excitait la curiosité publique. Elle finit bientôt par éprouver le besoin de se fixer. Bernard et Vital emmenèrent les hommes avec eux. Robert conserva les femmes. Il s'établit avec elles à Fontevrault. Elles étaient fort nombreuses. Quelques frères se fixèrent auprès d'elles et se chargèrent de leur service temporel et religieux. Cela se passait vers 1099.

La première communauté de Fontevrault se composait ainsi d'hommes et de femmes. Le pieux fondateur lui donna une organisation très originale. Avec la recherche du symbolisme évangélique, commune à la plupart de ses contemporains, il vit surtout dans les femmes le sexe auquel appartenait la Vierge Marie. Voulant l'honorer en elles, il leur donna la supériorité sur les religieux ; la soumission des moines à l'abbesse devait rappeler celle que les apôtres témoignaient à Notre-Dame.

Cette pensée et les usages par lesquels il la fit passer dans la pratique donnent à l'ordre de Fontevrault sa physionomie propre. Moines et moniales habitaient des monastères séparés et suivaient dans ses grandes lignes la règle de Saint-Benoît, modifiée et complétée par les prescriptions de Robert d'Arbrissel.

Il confia à deux femmes, les plus fidèles de ses disciples, Hersende de Champagne et Prétronille de Chemillé, qui fut plus tard la première abbesse de Fontevrault, le soin de veiller à la construction et à l'organisation du monastère, pendant qu'il poursuivrait lui-même ses courses apostoliques. Il parcourut ainsi les diocèses de l'ouest et du centre, remuant partout les foules, opérant des conversions extraordinaires et entraînant vers les solitudes des femmes de toutes conditions. Les évêques, les princes et les rois comptaient avec lui. Il obtint de Philippe Ier le renvoi de Bertrade de Montfort, son épouse illégitime ; ce que personne n'avait pu obtenir.

Une abbesse

Robert interrompait de temps en temps ses prédications pour revenir à Fontevrault et pour fonder de nouveaux monastères, qu'il peuplait de ses religieuses. Ces fondations recevaient le titre de prieurés et restaient sous l'entière dépendance de Fontevrault, ne formant avec lui qu'une seule congrégation, dont l'abbesse était le chef unique. Partout une                        communauté d'hommes s'attachait au service des moniales. Il y en eut dans les diocèses de Poitiers, de Bourges, d'Orléans, de Limoges, de Chartres.

Robert d'Arbrissel mourut, le 24 février 1117. Pétronille de Chemillé gouvernait depuis bientôt deux ans, de par sa volonté, l'abbaye et l'ordre de Fontevrault. Les soupçons, que le caractère de sa mission et de son oeuvre avait fait naître, tombèrent d'eux-mêmes. Il avait du reste pris ses mesures, en sollicitant l'approbation formelle du Souverain Pontife. Paschal II confirma sa fondation le 25 avril 1106 et le 5 avril des années 1112 et 1117. Calixte II fit mieux encore, puisqu'il alla personnellement consacrer l'église et l'abbaye, en 1159.
 
 

La visite du site Internet de l'Abbaye de Fontevraud

Texto extractado de "France la pitorresque"


 
 
 
 
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Miquel Sunyol
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Juliol 2003